Thème 11-1 – Et si on pouvait vivre avec les éléphants ?

THÈME 11 – ET SI ON POUVAIT VIVRE AVEC LES ÉLÉPHANTS ?

"Il est impossible d'imaginer l'Inde sans ses éléphants, tant cette espèce animale attachante fait partie de l'imagerie populaire de notre pays. Pourtant, la présence artificielle d'éléphants sur les sites célèbres tels que Jaipur au Rajasthan, Guruvayur au Kerala, ou encore Sonepur au Bihar, cache aux yeux des visiteurs la grave situation de l'espèce en général.

"Il est impossible d'imaginer l'Inde sans ses éléphants, tant cette espèce animale attachante fait partie de l'imagerie populaire de notre pays. Pourtant, la présence artificielle d'éléphants sur les sites célèbres tels que Jaipur au Rajasthan, Guruvayur au Kerala, ou encore Sonepur au Bihar, cache aux yeux des visiteurs la grave situation de l'espèce en général.
L'éléphant d'Asie est de façon croissante en grave danger d'extinction. La population qui survit à l'état sauvage aujourd'hui se répartit sur treize pays du sud et sud-est de l'Asie et le nombre d'individus à l'état sauvage se situe entre 35 000 et 45 000, dont la plus grande partie entre l'Inde et la Birmanie. En plus, il y aurait environ 16 000 éléphants "domestiqués" en Asie. L'éléphant d'Asie est actuellement classé parmi les espèces les plus menacées au monde.
La relation unique entre l'homme et l'éléphant en Asie remonte à 5 000 ans quand les éléphants commencèrent à être capturés et dressés pour être utilisés dans des cérémonies religieuses, les guerres, et comme animal de trait ou de somme. Aucun autre animal n'a connu une telle relation avec l'homme tout en restant effectivement une espèce sauvage puisque l'élevage des éléphants en captivité est toujours resté sans réel succès.
Les textes Hindous anciens font de nombreuses références aux éléphants et Ganesha, le dieu à tête d'éléphant est révéré dans toute l'Inde. L'éléphant blanc a une signification particulière pour les Bouddhistes dans toute l'Asie. Dans la culture chinoise, l'éléphant a joué un rôle particulier au cours des siècles dans le folklore, les jeux, l'apparat et la médecine.
Pendant des siècles, l'éléphant d'Asie a été très important d'un point de vue économique, notamment dans les opérations forestières, une pratique qui s'est développée à grande échelle pendant la période britannique. La Bombay Burma Teak Corporation a employé jusqu'à 6 000 éléphants sur tout le sous-continent Indien et la Birmanie. L'exploitation du bois à l'aide d'éléphants a fait payer un lourd tribut à l'espèce, et plus récemment, a été reconnue comme une méthode ayant moins d'impact sur la forêt au cours d'extractions sélectives que n'en ont les moyens mécaniques modernes. Mais la raison l'a finalement emporté quand en 1994, la Haute Cour de Justice de l'Inde a mis un coup d'arrêt à cette industrie en bannissant toute exploitation du bois dans l'ensemble du pays. Les fragments de ce qui fut l'immense habitat de l'éléphant d'Asie ont à présent une chance d'être préservés en Inde, ce qui n'est pas encore le cas en Birmanie où cette pratique se poursuit à un rythme jamais relâché.
Aujourd'hui, les biologistes ont réalisé que l'éléphant apparaît comme la clef de voûte de l'équilibre écologique des forêts qu'il occupe. Sa taille et son comportement social ont amené l'éléphant à couvrir de longues distances et à occuper une variété d'habitats qui offrent un refuge à une multitude d'autres espèces animales. De multiples espèces végétales ne peuvent prospérer que par l'effet de son comportement, certaines ne pouvant se reproduire qu'une fois leurs graines ayant circulé par le système digestif de l'éléphant soient rejetées dans ses déjections pour y germer finalement. La prospérité de la population d'éléphants est donc un baromètre infaillible de la prospérité des autres espèces animales, végétales, des forêts, des cours d'eau, en fait de l'équilibre complet de l'écosystème dont ils font partie.
A la différence de l'éléphant d'Afrique dont le déclin récent est dû à un braconnage de l'ivoire à grande échelle, l'éléphant d'Asie subit d'autres menaces beaucoup plus difficiles à maîtriser. Il vit dans des régions parmi les plus peuplées du monde. La croissance de la population humaine et les pressions correspondantes sur leur habitat naturel, défrichages sauvages ou systématiques pour l'agriculture, ont causé une perte dramatique des surfaces boisées. Eléphants et êtres humains sont donc en compétition directe pour les mêmes ressources naturelles.
A cause de la dégradation et du morcellement des forêts, la population d'éléphants d'Asie est extrêmement fragmentée et cette fragmentation augmente les risques d'extinction par zone géographique.
Le braconnage de l'ivoire existe aussi en Asie, touchant essentiellement les mâles qui sont les seuls à posséder des défenses. L'ivoire d'Asie est mêlé à des stocks d'ivoire africain, et une fois les défenses séparées de l'animal, il est difficile d'en distinguer l'origine. La conséquence grave du braconnage en Asie est de déséquilibrer le rapport entre le nombre de mâles et de femelles.
Dans certaines réserves, le rapport d'un mâle pour cinq femelles s'est déséquilibré et entraîne une baisse du taux de reproduction.

Le destin des éléphants réveille à la fois la passion et le désespoir. Pour ceux qui cherchent à comprendre leur situation, la carte de l'Asie du Sud voit les frontières politiques s'estomper pour laisser place à ce qu'on peut appeler "la Nation des Eléphants."
Il y a encore quelques siècles, les populations d'éléphants pouvaient circuler librement, sur un territoire sauvage continu, depuis l'actuel Vietnam, en passant par les contreforts de l'Himalaya et jusqu'au sud de l'Inde. Les guerres, les tumultes politiques, l'occupation croissante de ces territoires par l'être humain ont fragmenté ces anciennes routes migratoires des éléphants, et aujourd'hui, les plus grandes populations sauvages se situeraient d'une part entre l'Assam et le nord de la Birmanie, et d'autre part dans le sud de l'Inde.
La conservation des espèces sauvages a toujours été un sujet de préoccupation en Inde où se distinguent quelques brillants biologistes et zoologistes. Malgré une population humaine immense, notre pays possède la plus grande population d'éléphants et de tigres. Pourtant les efforts sont à soutenir davantage encore, à la fois sur le terrain, et au niveau de l'information du public."

Source : http://www.aanemane.org
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